Cinq grands chefs indiens

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Lorsque l’Homme blanc débarqua au 15ème siècle sur les côtes nord américaines, le continent était peuplé depuis toujours par des tribus indiennes.

Dans un souci de découverte, les grands navigateurs se sont d’abord très bien entendus avec les populations indigènes. Ce sont d’ailleurs ces mêmes populations, de nature hospitalière, qui les ont aidé à explorer ces nouvelles terres.


Pendant les trois siècles suivants, les indiens eurent une paix relative tant les Européens, Hollandais, Anglais, Espagnols et Français, étaient occupés à se faire la guerre entre eux pour conquérir ce nouveau monde.

Les colons se rebellèrent contre leurs métropoles, on parla de première nation décolonisée au monde, les Etats-Unis d’Amérique étaient nés.

C’est la Conquête de l’Ouest au 19ème siècle qui suscita des perspectives de développement inouïes pour le nouveau pays fondé. Et c’est précisément dans cette entreprise là que les populations indigènes furent exterminées.

De 1850 à 1890, les massacres s’enchainèrent, entremêlés de traités de paix non respectés, pour finalement aboutir au génocide indien.

Il est utile de rappeler ce qui séparait les Indiens des Hommes blancs.
Les Indiens se considéraient en symbiose avec la nature et non en maîtres de la nature. Ils migraient au gré des ressources et n’épuisaient jamais la terre.
Parmi leurs valeurs, l’individualisme était synonyme de honte et faire quelque chose pour soi-même était qualifié d’indécent.
Ils n’avaient de droit sur rien et ils ne possédaient rien.
Il n’y avait pas de pouvoir héréditaire et permanent, les décisions étaient prises lors d’assemblée. Il y avait un chef certes, mais il était suivi spontanément.

Des valeurs bien différentes de ce que devint l’Amérique.

J’ai choisi de vous raconter cinq grandes figures de la résistance indienne pour illustrer leur courage.
 

Cochise « Chêne »
Apache
1810 Arizona - 1874 Arizona


Cochise fut certainement le chef indien le plus populaire et le plus redouté de l’Ouest.
Il mena un combat sans relâche tant contre les américains que les mexicains.
Au départ ses relations avec l’homme blanc étaient plutôt bonnes jusqu’au jour où il fut accusé à tort de l’enlèvement d’un enfant. Arrêté par le lieutenant Bascom, il réussit à s’enfuir. Sa haine de l’homme blanc était née. Désormais et durant les dix années qui suivirent, il va lancer des actions violentes et savamment orchestrées contres les fermiers, les ranchs, les mines, les diligences et les soldats américains. Il su déjouer toutes les attaques américaines. Cochise, fort de son agressivité et de sa résistance était entré dans la légende.
Pourtant, au matin du 30 avril 1871, des mercenaires massacrèrent presque toute la tribu durant son sommeil. Les survivants entrèrent en esclavage. Le président américain Ulysse S. Grant fut tant choqué par l’événement qu’il souhaita que la paix revienne en Arizona. Après plusieurs jours de négociations, le général Howard offrait à ce qui restait de la tribu une réserve dans les terres chihuahua en échange de la paix.
Cochise, amer, accepta et vécut paisiblement jusqu’à sa mort.
Dés lors le gouvernement brisa le traité et ses enfants durent s’enfuir avec la tribu et se cachèrent dans les montagnes. Ils restèrent dix ans à l’abri et finiront par se rendre.
 

Geronimo « Celui qui baille »
Apache
1829 Nouveau Mexique -1909 Oklahoma


Geronimo ne fut pas un chef indien, mais un homme-médecin, hautement respecté par tous les chefs indiens. Il était au départ un homme paisible qui guérissait les hommes et cultivait sa terre. Un jour, de retour de chasse, il trouva sa mère, sa femme et ses trois enfants massacrés par des soldats mexicains.
Son cœur devint noir de haine et il s’incarna désormais en guerrier impitoyable.
Il livra des expéditions punitives et incessantes, meurtres et pillages en tous genre. Plusieurs de ses actions furent menées de concert avec Cochise.
Il  fut le meneur des derniers combattants indiens qui finirent par capituler face au gouvernement américain en 1886.
Ses évasions et ses redditions se succédèrent jusqu’à sa mort en 1909.
Il mourut en prisonnier de guerre sans jamais avoir pu rentrer chez lui.
En 1905, il dicta ses mémoires où il évoqua notamment son regret éternel de s’être rendu.
Sa dépouille aurait été profanée par un groupe occulte de l’université de Yale, Skulls and Bones, dont l’instigateur aurait été Prescott Bush, grand père de George W. Bush.

Sitting Bull « Bison mâle qui se roule dans la poussière »
Sioux
1831 Dakota Sud -1890 Dakota Sud

 
Sitting Bull, grand chef sioux, fut l’emblème le plus héroïque de la résistance indienne.
Il incarna plus que personne l’aspect politique du conflit américano-indien. Il fut à la fois un guerrier féroce lorsqu’il fallait mener bataille ainsi qu’un ardent défenseur de la paix.  Tout petit déjà, il se distingua par des compétences exceptionnelles, excellent cavalier et formidable archer. Devenir un homme et compter parmi les plus grands guerriers anima totalement sa jeunesse. Il tua son premier bison à dix ans et gagna un combat à mains nues contre un indien Crow à quatorze ans. En 1876, il entra dans la légende en gagnant la bataille de Little Big Horn face au détestable général Custer.
Poursuivi par l’armée américaine, il prendra la fuite au Canada où il passera six années soutenus, lui et son peuple, par un négociant Jean-Louis Legaré qui les hébergea et les nourrit durant leur exil.
Sitting Bull se rendit en 1881, il passa deux ans en prison et fut déplacé dans la réserve indienne de Standing Rock dans le Dakota. Vaincu et dans une logique d’assimilation sourde, il participa au Wild West Show de Bufallo Bill aux Etats-Unis et au Canada.
Les troupeaux de bisons ayant été détournés, la famine gagna la réserve et exacerba les tensions. Sitting Bull fut assassiné en 1890 d’une balle dans la nuque par les policiers indiens de la réserve en accord avec le pouvoir blanc local.
Comme tous les hommes de paix de l’Histoire, il avait des ennemis aussi parmi les siens.

Crazy Horse « Parmi les arbres »
Sioux
1840 Dakota Sud-1877 Nebraska


Surnommé le Sauveur par son peuple, il était doté d’une force de caractère et d’un courage inégalables. Son parcours fut lui aussi déterminé par le massacre de son campement lorsqu’il avait treize ans. Il dirigea sa première bataille à l’âge de vingt ans. Durant la décennie qui suivi, il enchaina les victoires, combat de Waggon Box, bataille de Rosebud River et bataille de Little Big Horn.
A bout de force, en 1877, il se rendit au gouvernement américain, à la tête de son peuple, ayant obtenu l’assurance que les siens vivraient désormais en paix.
Pour éviter des troubles liés à la présence du grand chef, il fut enfermé et très vite assassiné par ses gardes qui prétendirent qu’il avait cherché à s’enfuir.

Chef Joseph (le jeune) « Tonnerre qui déferle au-dessus de la montagne »
Nez percés
1840 Oregon - 1904 Oklahoma


La tribu des nez percés était une nation pacifique qui a  longtemps entretenu de très bonnes relations avec les hommes blancs. Chef Joseph a lui-même en partie grandi dans une mission chrétienne.
De 1855 à 1877, différents traités furent signés entre le gouvernement américain et la tribu des nez percés. A chaque nouveau traité, la surface allouée à la tribu était réduite. En 1873, au décès de son père Vieux Chef Joseph, le jeune Joseph prit la tête de la tribu. En 1877, le gouvernement américain, après avoir découvert avec certitude que le maigre terrain des nez percés contenait de l’or, exigea que la tribu soit déplacée dans une réserve.
Chef Joseph préféra la fuite à la vie en réserve. Avec huit cent hommes, femmes et enfants de sa tribu, ils parcoururent deux mille kilomètres à pieds.
Dans les montagnes de Bear-Paw, dans le nord Montana, à seulement soixante kilomètres de la frontière salvatrice canadienne,  ils furent arrêtés par les Yankees le 5 octobre 1877.
Devant deux officiers américains, le Général Olivier Howard et le Colonel Nelson Miles, il prononça ses paroles pour signifier sa reddition :
« Ecoutez-moi ! Je suis fatigué. Mon cœur est triste et malade.
Le soleil est mon témoin : aujourd'hui, je dépose les armes à tout jamais."
Deux cent nez percés avaient succombé en route, les femmes et les enfants étaient épuisés, les survivants furent déplacés en Oklahoma.
Chef Joseph mourut en 1904 sans jamais avoir revu sa terre.
Lui à qui son père avait murmuré sur son lit de mort : « Cette terre renferme le corps de ton père. Ne vends jamais les os de ton père et de ta mère. »
Il l’avait rassuré en lui répondant : « Un homme qui n’aimerait pas la tombe de son père serait pire qu’un animal sauvage. »
C’était compter sans la cupidité et l’obstination de l’homme blanc.

Pour rendre hommage à l'Histoire de ces hommes, Joe a sélectionné dans sa boutique des couvertures, des tapis et des coussins typiques de leur culture.

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