Lui Avril 2015 en cinq points et +++

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Joe commente le lui d'Avril

« Je suis très heureux car dans Lui, il n’y a que des écrivains : Besson, Liberati, Viviant, Mc Lian Wilson,… »

1. L’édito Beigbeder - P.19

Beigbeder aura mis trois mois pour aborder à sa façon les évènements de janvier dernier. Il revendique son athéisme et son mépris de toutes les religions. Ayant survendu pendant des années les drogues, le sexe et la fête, il évoque rapidement une forme de responsabilité dans ce monde devenu sans repère.  Il affirme toutefois que la vie est sur terre, qu’elle prend fin avec la mort, que les 70 Vierges le narguent à chaque Fashion Week et que les femmes sont plus belles nues que voilées. Enfin, il conclue qu’il est surtout « Charlie’s Angel  en souvenir des trois drôles de dames qui jadis lui ont donné tant de plaisirs.
A sa façon…

2. L’entretien  Jean D’Ormesson - P. 20

Les interviews de Lui n’en sont pas, ce sont des moments. D’abord partagés par les deux protagonistes, puis par nous mêmes comme si nous étions des petites souris. Jean D’Ormesson a l’air très sincèrement heureux de ce moment, et la qualité de l’entretien s’en ressent. Deux écrivains devisant sur la vie et la littérature, ce ne pouvait être qu’un délice. D’autant que ces deux-là se ressemblent méchamment. Deux écrivains, noceurs dans leur jeunesse, issus de la même culture sociale, arborant les mêmes cravates en tricot. La différence générationnelle est résumée par cet adorable avertissement de Beigbeder avant le début de l’entretien : « Je précise car la suite peut sembler cavalière, que c’est à sa demande que je le tutoie ».
C’est tendre et complice, riche en anecdotes, parfois moqueur, jamais cynique, toujours respectueux.
J’ai adoré la sagesse et l’honnêteté du vieil homme :
JO : Tu sais, je m’en veux beaucoup, non pas d’avoir eu du succès, mais d’avoir fait ce qu’il fallait pour avoir du succès. J’ai fait des choses qui étaient à peine morales.
FB : Comme d’accepter un entretien avec le magazine Lui.
JO : (rires.) J’ai fait bien pire ! Lui, c’est l’aristocratie !
J’ai totalement adhéré:
JO : C’est vrai. Lui incarne une forme de résistance. Je dois dire que je me sens encore plus Lui que Charlie.

3.  La fille en couverture Virginie chez Ledoyen - P.88
Comme pour Marie Gillain dans le Lui de février, on doit reconnaître que la quarantaine leur va bien. Plutôt plus racées qu’avant, et sacrément épanouies.
Les photos sont belles et on est rassuré d’apprendre d’emblée que Terry Richardson s’est correctement tenu lors de la séance. Sinon, pas grand chose, ou très peu. Son vrai nom est Fernandez et pas Ledoyen, véritable aveu par les temps qui courent… Mignonne confidence sur la bisexualité ou la sexualité en général : « On n’est pas amoureux des corps, on est amoureux des gens ».
Mais encore Virginie ?

4. Libido Cet article parle de sexe - P.122
Si vous êtes célibataires, il faut non seulement lire l’article très consciencieusement, mais aussi le consigner. Manuel complet de la drague digitale, à priori seul moyen de rencontrer quelqu’un aujourd’hui. Vous y trouverez tous les réseaux sociaux adaptés à votre catégorie d’âge, votre milieu social, etc… Il en est même un, dont l’atout majeur est la géo localisation, il vous indique combien de fois déjà vous avez croisé l’individu avant même de l’avoir contacté.
Raphaël Turcat a donné de sa personne pour documenter son papier, c’est réussi, tendre et caustique.

5. Il était une fois… Mort de rire, Richard Pryor - P.136
Il était une fois la vie tumultueuse de Richard pryor, roi du stand up noir américain des années 70. De son enfance dans les bordels du fin fond de l’Illinois aux scènes de Broadway, des films d’auteur de Shrader aux super productions hollywoodiennes, il a brûlé sa vie par tous les bouts. Son militantisme politique, son sens de la provocation, son goût prononcé pour l’alcool et les drogues, ses relations féminines chaotiques, en ont fait un personnage haut en couleurs comme on n’en fait plus.
Une époque où tout était permis, talent, folie, gloire. Une époque à « Destins ».

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C’est qui lui ? - P.62
Pour Vinnie Woolston, fils de prolos Néo-Zélandais, devenu le mannequin le plus en vogue de sa génération. Vie de famille tranquille dans une petite ville reculée de l’île, un gars simple, qui aime le surf, le skate, sa femme, ses enfants et ses chiens. On y apprend que le mannequinat (et peut-être la prostitution d’ailleurs) est le seul métier où les femmes gagnent bien mieux leur vie que les hommes. Information qui nous laisse songeur quant aux critères de valeur de notre société pourtant moderne…

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C’est qui elle? - P.64
Pour, ou plutôt contre, Megin Kelly, présentatrice d’un talk show sur Fox News. Elle a conquis le pays, New York Times compris, et une grande crédibilité pour sa façon d’attaquer sans détours les pontes du parti républicain. Bien qu’elle soit antisexiste et incorruptible, elle reste super de droite, white power à fond, Eric Zemmour version Barbie.

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Lu par Lui  François Begaudeau La Politesse - P.70
Pour Arnaud Viviant qui nous donne, une fois de plus, envie de lire un livre, et même un livre de Begaudeau, c’est dire son talent. Le pitch semble séduisant.
A l’instar de Houellebecq dans Soumission, l’écrivain situe son action au même moment, en 2023, mais la France est cette fois-ci gouvernée par les Zadistes ou Jihadistes verts.
La politesse, de François Begaudeau, édit. « Verticales », Gallimard, 304 pages

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Lu par Lui  Paul Verhoeven  Jésus de Nazareth - P.72
Pour un livre signé Paul Verhoeven, réalisateur de Showgirl et Basic Instinct, démystifiant la vie de Jésus. On y apprend que le cinéaste a entretenu des rapports très étroits avec la foi chrétienne. Il a d’abord consacré une grande partie de sa vie à l’étude du Livre, puis suite à une crise mystique, il en est finalement sorti athée. Le projet initial était d’en faire un film. Faute de financement, Verhoeven a sorti sa plume et visiblement il a bien fait.
J’ajoute que Marguerite Baux n’a rien a envié à Arnaud Viviant. Suggestion personnelle,  Lu par elle?
Jésus de Nazareth, de Paul Verhoeven, édit. Aux forges de Vulcain, 360 pages

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Lu par Lui - P.72
Pour Cow-boys et Indiens ou l’histoire des derniers Indiens Navajos ayant travaillé sur les tournages de John Ford.
Cow-boys et Indiens d’Arnaud Balvay et Nicolas Cabos, édit. Séguier, 290 pages

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Quelque chose à se faire pardonner - P.150
Pour le Skate Penny, déjà en couverture du Lui d’octobre dans les bras de Malgosia. Personnellement, j’ai opté pour un cruiser Dusters, mais pour ceux qui souhaiteraient initier Madame à cette discipline, ce penny est la meilleure invitation.

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Le bilan de santé Jérémie Renier - P.152
Pour la bonne idée de balancer les gens qui fument peu, donc fument constamment les clopes des autres.

Ceci n’est pas un résumé du magazine afin de vous éviter de le lire, au contraire. Addicte des « Lui » anciens que je collectionne depuis de nombreuses années, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de la version moderne et de sa fidélité à l’esprit de la version ancienne. Mission plutôt difficile dans un contexte de crise quand on se souvient de l’insouciance des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. J’ai un plaisir fou à le lire, justement parce que j’y retrouve cette insouciance, sensation en voie de disparition. C’est donc un bonheur de le partager avec vous. A vos kiosques!

 

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