Lui été 2016 en cinq points et +++

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1. Edito Frédéric Beigbeder - P. 19
"Trop d’informations!". Rythmé, brillant et vif, Beigbeder nous livre sa vision désabusée mais fraîche des alertes d’information. Le torrent continu d’abord, puis la contradiction ensuite, entre temps les opinions sont faites, aucun espace pour l’analyse, pas de digestion possible, saturation permanente.
C’est le temps de la non-pensée. Triste.

2. Entretien Gilles Lellouche - P.20 
Bon, une fois de plus pas très passionnant, désolée de me répéter. Petit entre soi de quinquas parisiens célèbres. On évoque les copains, Canet, Cotillard, Dujardin, comme si "les petits mouchoirs" était un film continu. C’est dommage, Gilles Lellouche a sûrement des choses plus intéressantes à raconter. D’autant plus que Frédéric beigbeder  est capable de mieux, beaucoup mieux même. Seulement voilà comme ces messieurs se croisent régulièrement en boites de nuit, ils ont un peu de mal à attaquer une conversation sur une tonalité plus consistante que celles que nous-mêmes pouvons avoir dans ce genre de circonstances.
Beigbeder est brillant lorsqu’il a affaire à des écrivains, ça le stimule au meilleur de lui-même parce qu’il les admire.
Avec les acteurs/réalisateurs de sa génération, son estime est en reste, alors c’est copino/people et ça tourne en rond.
On frôle un peu de profondeur quand Lellouche évoque le sujet de son prochain film en tant que réalisateur, mais Beigbeder ne développant pas, on reste sur notre faim.

3. Entretien politique Malin Madelin - P.56
Voilà un homme qui s’est assagi. J’ajoute même et ça me fait un peu mal qu’il se dote d’une vision du monde assez audacieuse et très moderne. En dehors de toute fonction politique, il a visiblement du temps pour réfléchir et le fait très correctement. Ses analyses sont justes et ses débuts de solution assez surprenantes.
Sur Macron par exemple : "Face à la traditionnelle lutte contre les inégalités portées par les socialistes, il veut promouvoir, en retrouvant la tradition émancipatrice de la gauche, une société qui favorise l’ouverture d’opportunités. Mais tout cela reste encore bien fragile. Si Emmanuel Macron veut être utile, ce n’est pas en prenant la place de Bayrou "Ni droite, ni gauche", mais entraînant la gauche vers la modernité".
Il ne s’arrête pas là, il cite Jospin, défend notre modèle social, fustige les différents programmes des candidats à la primaire de droite qu’il juge à juste titre clivants.
Il qualifie la troisième révolution à venir, après l’agricole et l’industrielle, de celle des connaissances. Très riche. Cet entretien mérite vraiment d’être lu.

4. Il était une fois… Bien profond - P.102
Amourette en eaux troubles… Jacques Maillol est l’incarnation du sport le plus dangereux du monde, l’apnée no limit. Dans les années quatre-vingt dix, il fait des émules dont le cubain Francisco "Pipin" Ferreras. En 1996, il règne alors sur la discipline, celui-ci fait la rencontre d’une de ses fans, Audrey Mestre, vingt et un ans, française, étudiante en biologie marine. C’est le coup de foudre immédiat, et Pipin vieillissant, il jette son dévolu sur sa dulcinée pour nourrir son goût de la compétition et des records. En concurrence directe avec l’américaine Tanya Streeter, elle-même coachée par son mari, les deux époux vont repousser les limites pour leurs propres femmes, 115 mètres, puis125 mètres, puis encore 160 mètres,  et enfin 170 mètres qui se révèleront le tombeau d’Audrey Mestre. Animé par l’appât du gain des sponsors, par le goût de la compétition, mais aussi par la frustration de ne plus en être, Pipin aurait juste oublié de remplir les bouteilles d’air. Il est aujourd’hui considéré comme l’assassin direct de son épouse dans le monde de la plongée, même si sa culpabilité n’a jamais été prouvée, et pour cause il n’y a jamais eu d’enquête. Il enseigne aujourd’hui la plongée sur une plage de Miami et s’est fait tatoué sur le corps le portrait d’Audrey version sirène.
On s’interroge sur l’humain, comment lorsqu’on est passionné à ce point par les choses de la nature, peut-on à la fois développer un tel sens de la compétition et de l’avidité ? La nature de l’homme est aussi mystérieuse que la profondeur des océans.

5. Lecture California girls - P.30
Extrait exclusif du prochain livre de Simon Libérati California Girls. Le 8 août 1969, quatre jeunes gens dont trois jeunes femmes, disciples de Charles Manson, massacraient Sharon Tate, compagne de Roman Polanski, alors enceinte de huit mois, et quatre de ses amis.
Libérati choisit l’angle de raconter ce fait divers à travers les portraits de ces trois jeunes femmes totalement décérébrées par la drogue et par l’adoration de leur gourou. L’écrivain croque ici la part des ténèbres de cette époque libératoire, la quintessence du nihilisme. C’est magnifiquement écrit et l’extrait donne sacrément envie de lire ce livre qui sortira le 17 août prochain.
La préface de Beigbeder est tendrement élogieuse.

+++ La défonce du consommateur Gueule des bois – P.31
Pour le Woody Ford Bronco, SUV maquillé de bois à l’ancienne, ultra stylé !

+++ C’est qui, lui ? - P.50
Pour Sean Michaels, star US du porno, il n’en a visiblement pas que dans le slip, puisqu’il milite pour les droits des travailleurs de l’industrie avec beaucoup de conviction sans pour autant diaboliser le milieu du X. Il souhaite même élargir les droits aux escort-girls. Il se questionne notamment sur le fait qu’un mineur ne puisse pas boire d’alcool aux Etats-Unis avant l’âge de vingt et un ans et en revanche puisse jouer dans un film porno à dix huit ans…

+++ Le saviez-tu?  Elvis et la vertu - P.62
Le saviez-tu, Elvis a contacté à maintes reprises Richard Nixon alors président des Etats-Unis car il souhaitait devenir agent infiltré afin d’aider son pays à éradiquer les drogues ? On meurt de rire lorsqu’on sait tout ce que pouvait ingurgiter le King à cette époque-là.
Ou comment continuer à se camer au service de sa bonne conscience.

+++ La fille en couverture Laetitia Halliday - P.76
Interviewée par son mari Johnny s’il vous plaît. C’est cucu à mourir, "mon amour", "mon cœur ", ça rappelle la chanson moqueuse d’Anaïs. Mais c’est tout de même mignon comme des mots d’enfant, ça reste pudique. Et puis c’est Johnny, alors on lui pardonne, et elle a fondé une association pour venir en aide aux petits vietnamiens, alors on lui pardonne aussi. Les photos sont douces et mièvres, comme l’entretien.

+++ Vie pratique Ces aéroports où il fait bon vivre - P.126
En dehors d’un amusant florilège d’aéroports qui se distinguent les uns des autres par des particularités originales, cet article révèle l’engorgement des terminaux en conséquence de la sécurité qui s’est fortement accrue suite aux risques d’attentats. Les Etats-Unis restent le pays le plus débordé, Israël le plus sûr, tous les plus grands dirigeants des plus grands aéroports du monde s’empressent d’ailleurs d’aller s’inspirer des méthodes de l’état juif.

+++ Toujours occupé, jamais débordé La tentation du féminin - P.150
Il fallait oser, Lui l’a fait, conseiller aux hommes de porter un parfum pour femme.
Mysogine Lui ? Je ne crois pas !

 

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