Lui Juillet Août 2015 en cinq points et +++

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Lui comment Juillet Aout 2015

1. L’entretien Gaspar Noë - P. 14
A priori, pas du tout intéressée par le bonhomme. Comme souvent, Beigbeder met son invité au meilleur de lui-même. Le dialogue tourne autour des origines, du parcours, de la sexualité, du cinéma aussi. Comme une invitation à comprendre un personnage qu’on pense indéchiffrable et qui est tout simplement différent. Souvent qualifié de provocateur, je l’ai surtout trouvé différent. D’origine gauchiste argentine inattendue, fan de la première heure du Professeur Choron, son parcours est totalement atypique et son avis sur les choses de la vie souvent juste.
Il interpelle lorsqu’il évoque la façon de filmer le sexe dans son dernier film. Il ne filme que les visages car c’est ce que nous voyons aussi quand nous faisons l’amour. A ce propos, je me suis souvent interrogée sur l’intérêt des plans dans le cinéma porno …
J’ai adoré sa réponse quand Beigbeder le taxe de désobéissance, se référant à Fassbinder dans les années 70, il répond ne pas désobéir, juste être dans l’affirmation de soi.
Différent. Et c’est bien comme ça.

2. La fille en couverture Bloody Marie - P.80
Heureusement que Beigbeder nous prévient dans son édito que lorsqu’il a demandé à Marie de Villepin d’être la muse de l’été pour le magazine, celle-ci l’a mis en garde en acceptant « je n’ai pas trop envie de parler de mon père. Je préfère te parler de Salvador Dali, de Patti Smith et d’Andy Wharol ».
Et finalement, bien sûr, elle parle beaucoup d’elle même de son père adoré. Elle fait bien d’ailleurs, elle en dit de jolies choses. Jeune femme talentueuse, éveillée et lettrée, elle évoque son chemin avec singularité et nous donne très envie de son New York.
Les photos sont très belles.

3. Portrait Un rosbif bien saignant - P.106
Portrait de l’animateur anglais, Jeremy Clarkson. Ultra populaire en Angleterre et dans le monde entier pour sa façon vitriolée de présenter Top Gear, une émission consacrée aux fous du volant. Super beauf, super chauvin, il est évidemment adulé  par le peuple anglais. Pourtant, à force de déclarations tonitruantes sur à peu près tous les pays étrangers, obligeant souvent Downing Street à s’excuser auprès des ambassades locales, la BBC a fini par le virer. Le peuple pleure, mais au moins il n’est plus abreuvé de sa bêtise. Bon débarras !

4. Vie Pratique Comment disparaître - P.124
Très instructif et parfaitement documenté en terme de législation et combines en tous genre, ce petit guide se révèle bien précieux pour qui souhaiterait assouvir le fantasme de disparaître et de repartir à zéro.
Petit tour d’horizon des disparitions célèbres, ratées ou réussies. L’article nous apprend à quel point la législation française est limitée car une disparition volontaire est considérée d’emblée comme une liberté fondamentale. Donc, sauf à fuir un problème judiciaire, démontrer que le disparu est en danger ou qu’il représente un danger pour autrui, la police ne fera rien.
Ensuite, des enquêtes privées et onéreuses sont possibles pour l’entourage et c’est là que le cocktail d’astuces proposé devient extrêmement pertinent. Acheter des faux papiers sous le métro à Barbès, mais gare aux faussaires car ils sont souvent des indics, utiliser son propre papier toilette pour ne pas laisser de traces ADN, et surtout, surtout, se déconnecter de Big Brother.

5. Il était une fois… La surf family - P.128
Définitivement, toujours les meilleures pages du magazine. Ce mois-ci c’est l’histoire de Dorian  Paskowitz qui nous est contée. Juif américain, cancérologue établi, ne supportant pas les images de la Shoah rapportées par Georges Stevens en 1956, ses nuits sont habitées de culpabilité et de crises de panique. Comme chemin de rédemption, il choisit le Surf comme religion, sans oublier le Talmud et le sexe. Il change de vie, honore son épouse plusieurs fois par jour.  Neuf enfants plus tard, la tribu fonde le Paskowitz Surf Camp d’où sortiront les plus grands surfers. La vie se fait dans un camping car où l’éducation est à la fois alternative et sévère, chemin de vie contrasté entre rédemption et autoritarisme. Malgré les différends au sein de la tribu, les enfants sont toujours revenus après être partis et Dorian et son épouse ont continué à faire l’amour tous les jours.

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La défonce du consommateur - P.22
Au choix, sublime réédition d’une Ford Mustang 1965, un Jeep Ford au look vintage de ouf, et une Yamaha yard XJR1300 revisitée par Itrockbikes.

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Vestiaire Rodéo - P.34
Des tatouages, des barbes mais pas trop, de jolies motos et une belle fille, les photos sont très belles et le vestiaire assez sympathique.

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C’est qui elle? - P.52
Portrait d’une buisness woman américaine à l’américaine, secteur cannabis légalisé. Seulement voilà, les législations se contredisent. En effet, la loi fédérale américaine proscrit le dépôt bancaire des gains dudit buisness. Qu’à cela ne tienne, Kristy Kelly est partie en guerre avec le Trésor américain en créant sa propre banque. Au vu des recettes engrangées, on peut parier que la réserve fédérale finira par céder et lui ouvrira le compte nécessaire. Buisness is buisness.

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Le saviez-tu? - P.60
Pour un petit tour de France des aires d’autoroutes très prisées de nos compatriotes, où on apprend que l’on fait même appel à des designers très en vogue pour les concevoir.

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La jeune fille à épingler - P.66
Pour le retour du dessin autrefois signé Aslan, peut-être bientôt le retour du poster à détacher… Allez !!!

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Photos Auto Stop Cédric Buchet - P.112
Joli(e) !!!

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Le mondain anonyme - P.158
Bref, on n’a pas du tout envie d’aller à Cannes, mais on adore ce qu’il nous en dit…

Ceci n’est pas un résumé du magazine afin de vous éviter de le lire, au contraire. Addicte des « Lui » anciens que je collectionne depuis de nombreuses années, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de la version moderne et de sa fidélité à l’esprit de la version ancienne. Mission plutôt difficile dans un contexte de crise quand on se souvient de l’insouciance des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. J’ai un plaisir fou à le lire, justement parce que j’y retrouve cette insouciance, sensation en voie de disparition. C’est donc un bonheur de le partager avec vous. A vos kiosques!

 

 

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