Lui Juin 2015 en cinq points et +++

Archives

Lui Juin 2015 en cinq points et +++

1. L’entretien James Ellroy - P. 16
Raté. James Ellroy est un goujat. Grosse déception pour qui adore l’écrivain. Beigbeder est pétrifié. Rien ne fonctionne. Ellroy répond « je ne sais pas », « je ne connais pas ». On se demande comment Beigbeder trouve l’abnégation d’aller au bout ce cet entretien. Ellroy est là pour faire la promotion de son livre qu’on a à peine envie de citer et encore moins de lire. Il fait le minimum syndical, mais se compromet malgré tout à le faire car « c’est en France, dit-il, qu’il vend le plus de livres ».
Beigbeder se venge sur la couverture qui titre : James Ellroy « Tout ce qui m’intéresse, c’est l’argent ». Citation sortie de son contexte qui donne une image péjorative mais tout de même très en deçà de ce que l’on ressent du personnage dans l’interview.
Ellroy est un grand écrivain mais un homme abject.
Beigbeder conclut qu’il a eu raison de ne pas rencontrer Salinger. Ne pas rencontrer les artistes qu’on admire pour éviter d’être déçu par l’être humain qui se cache derrière.
Enorme différence, Salinger s’est vraiment retiré et n’a jamais fait la promotion d’un livre. Retiré du monde et intègre.
En effet, tout ce qui intéresse Ellroy est évidemment l’argent. Lui-même, en dehors de ces livres, n’est pas intéressant du tout.

2. Vu par lui Une équipe de merde - P.68
Un documentaire sur la plus nulle des équipes de foot au monde ou l’éloge des perdants. L’équipe des îles Samoas américaines est capable d’encaisser trente et un buts en quatre vingt dix minutes! Quand l’essentiel n’est pas de gagner mais juste de participer. Quand les perdants ne sont jamais ceux qui marquent l’histoire. Pour autant, leurs histoires sont souvent plus douces, plus jolies, et toujours plus humaines. A voir.
Une équipe de Rêve, de Mike Brett et Steve Jamison, en salle le 10 juin.

3. Développement personnel Robert Mac Liam Wilson - P.82
L’écrivain Nord Irlandais Robert Mac Liam Wilson nous fait partager sa vision d’une partie du monde ou quand la morale ne mène à rien. En résumé, l’anti-thèse suprême du conte de fées « la primauté de la volonté comme force motrice ne laisse aucune place aux ressources infinies que sont l’incompétence, la mauvaise foi et la paresse humaines».
Nos vies sont-elles utiles? Quel impact la volonté aurait sur nos vies quand on sait à quel point le hasard y est maître? Du doute en puissance qui nous amène à une perception assez confortable du monde puisque de toutes façons notre arrogance et nos certitudes n’y pourront rien changer. Une remise en question des vérités de notre monde qui rendrait nos vies plus libres et nos champs des possibles plus vastes. Ne plus chercher à contrôler, ne plus chercher à gagner. N’est-ce pas là une certaine idée du Luxe ?
A méditer.

4. Reportage La  Mafia en héritage - P.100
Une histoire de Mafia, la Calabraise cette fois-ci, dite ‘Ndrangheta,
Elle est la plus puissante en Europe, maitrisant 80% du marché en pleine expansion de la cocaïne.
L’organisation a sa propre Bible, le code San Luca écrit en hiéroglyphes indéchiffrables, tout repose sur le sens de l’honneur et de la famille.
Sa particularité est que tous ses membres sont issus de la même famille.
La confiance repose donc sur les liens du sang. En pratique, ultra-violence, rackets, enfants embrigadés dès l’âge de douze ans et peu de prison.

5. Il était une fois… Meurtre chez les chippendales - P.124
Encore une histoire d’Amérique, réussite, money, meurtre…
Récit d’un émigré indien, Steve Banerjee, venu chercher fortune aux Etats-Unis. D’abord pompiste, puis patron de boîte de nuit, il invente en 1979 les Chippendales. Le concept, un endroit exclusivement réservé aux femmes de vingt heures à vingt-deux heures, de l’alcool et un spectacle de mâles triés sur le volet. Deux heures plus tard, lorsqu’elles sont bien excitées par les cocktails et de brefs échanges avec les bellâtres, on laisse rentrer les clients masculins. Dans la fournaise, tous les hommes ont leurs chances de conclure. Idée de génie, les dollars coulent à flots.
Pour mieux professionnaliser son affaire, il s’associe avec Nick De Noia, célèbre chorégraphe de l’époque. La suite est une banale histoire de voyou. Banerjee brûle tous les clubs concurrents et pour manger le gâteau tout seul mandate un tueur pour liquider son associé.
Le procès n’aura jamais lieu, il se pendra dans sa cellule juste avant.

 +++
Moteur High Tech Sport Design - P.32
Pour le High Camp Trailer, caravane en bois et alu, à accrocher derrière son break pour partir en ballade ou à poser dans son jardin pour accueillir des amis.

+++
C’est qui lui? - P.64
Pour Arthur de Kersauson, Hipster sympathique, « fils de », qui met ses mains dans le cambouis des motos customisées au travers de sa caméra. Des beaux gosses barbus, des motos relookées juste pour l’amour du look, des envies de cinéma, du rêve quoi !

+++
Lu par Lui ça sent le tapin - P.72
Ecrivain du début vingtième siècle, Maryse Choisy s’enferma  un mois dans une maison close pour y faire un reportage sur la prostitution. Elle n’ira pas jusqu’au bout de son immersion « les messieurs sont trop vieux », mais n’hésite pas à porter un jugement cynique sur les prostituées « Elles n’ont aucune fantaisie… Ce sont des petites puritaines qui cherchent à amasser le plus d’argent possible pour se retirer le plus tôt possible dans une ferme hygiénique ».
Un peu culotté quand on sait qu’elle n’a pas franchit le pas, totalement déplacé de la part d’une femme qui se convertira au catholicisme et qui, dans la foulée,  fera retirer des librairies tous ses écrits. Pas sûr que son regard soit très intéressant au final.
Un mois chez les filles, de Maryse Choisy, Stock, 200 pages

+++
L’art du marché - P.81
Pour la beach towel de Barbara Kruger. Surprenant qu’un drap de plage soit une œuvre d’art, non?

+++
La fille en couverture - P.92
Pour la bouche recrachant la fumée de Rosie Huntington.
Dans le temps, le magazine Lui offrait un poster, j’en profite pour en faire la requête à la nouvelle rédaction. Celui-ci aurait été fameux!

+++
Le mondain anonyme - P.158
Encore et toujours pour Blanchette et Noiraude que je ne peux toujours pas citer…

Ceci n’est pas un résumé du magazine afin de vous éviter de le lire, au contraire. Addicte des « Lui » anciens que je collectionne depuis de nombreuses années, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de la version moderne et de sa fidélité à l’esprit de la version ancienne. Mission plutôt difficile dans un contexte de crise quand on se souvient de l’insouciance des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. J’ai un plaisir fou à le lire, justement parce que j’y retrouve cette insouciance, sensation en voie de disparition. C’est donc un bonheur de le partager avec vous. A vos kiosques!

 

 

Ajouter un commentaire

CAPTCHA

This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.