Lui Mars 2015 en cinq points et +++

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Lui Comment Mars 2015

Ceci n’est pas un résumé du magazine afin de vous éviter de le lire, au contraire. Addicte des « Lui » anciens que je collectionne depuis de nombreuses années, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de la version moderne et de sa fidélité à l’esprit de la version ancienne. Mission plutôt difficile dans un contexte de crise quand on se souvient de l’insouciance des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. J’ai un plaisir fou à le lire, justement parce que j’y retrouve cette insouciance, sensation en voie de disparition. C’est donc un bonheur de le partager avec vous. A vos kiosques!

1. L’édito Beigbeder - P.25
Sur la « discothéquisation » du monde, le temps qui passe et la jeunesse qui file. Léger et profond, va à l’essentiel, au reflet du miroir quand il se fait tard,  lucide et inéluctable! Quel délice de lire Beigbeder critiquer la fête, surtout quand l’argument est si honnête. Avoir quarante ans passés rend le propos plus pertinent. A lire d’urgence !

2. L’entretien Kerviel - P. 26
Les questions de Beigbeder sont de qualité et parfois, malgré le contexte, assez distrayantes. Les réponses de Kerviel sont techniques et un peu sinistres. On comprend que le bonhomme n’ait pas très envie de rire, mais quand même, on rigole moins qu’avec Gaspard Proust.
Kerviel a le bon goût de citer « César et Rosalie », et le mérite de rire à plusieurs reprises en fin d’entretien. Pas inintéressant.

3. Lu par Lui Helmut berger Autoportrait - P.76
Quelques pépites de l’autobiographie du sublime androgyne Helmut Berger, les extraits sont drôles, déjantés et carnassiers. Pour les curieux  qui aiment les Vrais gossips sur les Vraies Stars, mais aussi pour ceux qui aiment les Vraies grandes histoires d’amour et de cinéma. Il a été la muse et le compagnon de Luchino Visconti pendant douze ans. J’attends de le lire entièrement (commandé ce matin même) pour affirmer que Truman Capote pourrait peut-être aller se rhabiller…
Helmut Berger, Autoportrait, 70e anniversaire, édition Séguier

4. Enquête French corruption - P.124
Approche sociale du monde des fonctionnaires en crise. Ripoux par ci, ripoux par là. Sans porter de jugement, pas manichéen pour deux sous, l’article nous apprend, quand on ne le sait pas déjà, qu’ils sont pour la plupart des travailleurs pauvres. Des matons qui font du deal de téléphones portables  pour remplir le frigo vide, confrontés à une population carcérale parfois aisée et maline. Des flics, livrés à eux mêmes, qui finissent par déraper, quand leur direction ne fait plus que de la politique. Un instituteur de maternelle qui vend du cannabis pour financer sa propre consommation, anti dépresseur lui étant devenu indispensable.
Une hiérarchie où les cadres sont tournés en vase clos vers les ministères, et où la base, la majorité,  souffre d’un manque de valorisation et de reconnaissance, n’y croit plus et devient délinquante.

5. Il était une fois… Les bourses ou la vie - P.158
Il était une fois, en 1972, un jeune américain, John Wojtowicz, braque une banque au cœur de Manhattan pour financer le changement de sexe de son petit ami. Parcours à priori sans histoire, soldat au Vietnam, il y découvre son homosexualité, en rentrant il tombe éperdument amoureux d’un homme dont l’obsession est de changer de sexe. Par amour, il attaque la Chase Manhattan Banque à l’été 72. Récit et portrait saisissants du braquage et du braqueur qui ont inspiré Dog day afternoon de Sidney Lumet.
Deux pépites :
-Le désistement d’Al Pacino pour incarner ce rôle de gay. Lumet et le scénariste Franck Pierson ne lâcheront rien, c’est la menace d’offrir le rôle à Dustin Hoffman qui décidera Pacino.
-L’équipe de braqueurs amateurs se motivera devant Le parrain juste avant le casse.

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C’est qui elle? - P.72
Pour Meg Gill, jeune et jolie américaine de 29 ans, première productrice de bière artisanale en Californie. Parcours américain comme dans les films. Nageuse universitaire, elle devait concourir aux JO de Londres en 2012, un accident de voiture a changé sa route. Elle est devenue brasseur.

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Lu par lui - P.82
Pour la critique de Fist de Marco Vidal par Arnaud Viviant.
Poésie et émotion autour du fist fucking, « seule innovation sexuelle au 20ème siècle » selon Michel Foucault.

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L’art du marché - P.87
Pour la peinture au milieu à gauche, 23 avril 1968, Vietnam.

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Amour Libre - P142
Pour les lunettes en forme de cœur.

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Toujours occupé, jamais débordé - P.76
Pour « The Ludlow », nouvel hôtel New Yorkais, à la frontière d’East Village et de Lower East Side, donc idéalement situé, on a vraiment envie d’y aller.
Pour le cultissime « Relais de l’entrecôte », attention celui de la rue Saint-Benoit bien sûr !

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Portrait Vince Gavin - P.128
Itinéraire inattendu, ou pas, du créateur de la bible des Hiptsers  VICE. Il se déguise aujourd’hui en membre du Klu Klux Klan quand il enterre sa vie de garçon et a embrassé la foi chrétienne ambiance Tea Party. Son sens de la provocation n’a pas changé, il en est juste devenu radicalement prisonnier. Ce qui glace dans son portrait et qu’on devine entre les lignes, c’est qu’il est probable que Gavin ait été depuis le début un individu infréquentable sur le plan moral… On pense, et  l’article y fait justement référence, à Dieudonné.

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Vous aimez Lui? Enfilez-le - P.190
Il est désormais possible d’afficher son magazine préféré sur un superbe sweat marine ou noir floqué velours, 70€ sur www.lui.fr.

 

 

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