Lui mars 2017 en cinq points et +++

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1. Edito Frédéric Beigbeder - P.19
Mettre dos à dos le « revenu universel d’existence » de Benoît Hamon et l’emploi fictif de Pénélope Fillon pour faire l’éloge de l’oisiveté, il fallait oser, Beigbeder l’a fait.
« Préférez-vous être riche et débordé ou pauvre et cultivé ? » C’est la question posée. « Gagner des heures plutôt que des euros. » est une des réponses données.
Puisqu’il n’y aura plus assez de travail pour tout le monde, puisque nous consommons plus que ce que la planète peut nous offrir alors nous n’avons d’autre choix que celui de revoir nos besoins. Et aussi et surtout de trouver des richesses gratuites ou peu onéreuses avec le nouveau temps non travaillé imparti, lire, contempler, profiter de ses proches, vivre !
La chute est moins drôle, le directeur de Lui prend le large pour contempler un coucher de soleil et quitte la rédaction. Il sera remplacé le mois prochain par Frédéric Taddéï, le magazine deviendra trimestriel et beaucoup plus luxueux.
Cette information sonne le glas de mon commentaire mensuel, moi aussi j’ai des couchers de soleils à contempler.

2. Entretien Nicolas Bedos - P.20
Un entre soi parisien de plus et pourtant il est riche parce qu’intime.
Les deux écrivains gâtés de St Germain des Prés se sont aimés puis détestés.
On sent qu’il reste de l’amitié et de l’estime. Bedos est plus noir qu’il n’y paraît.
Il se drape parfois dans une modestie peu crédible. Ils parlent ensemble de taille de bite, de femmes, d’argent, de littérature, de cinéma, de tournages, de vivre à Paris ou ailleurs.
Les deux sont intelligents et lettrés ce qui rend l’échange vif et intéressant.
On ne s’attache pas mais on ne s’ennuie pas non plus.

3. Sexe Un amour de Djihad - P.94
C’est confirmé, les djihadistes  sont perçus par certaines adolescentes comme les blousons noirs des années 60, comme les mauvais garçons sexys 2.0.
Sur internet, Daech est devenu un fantasme sexuel pour jeunes filles en fleurs au travers de romans « Fanfiction » rédigés par des adolescentes elles-mêmes. L’intention s’inspire directement du romantisme le plus pur pourtant dans les faits d’écriture nous sommes très proches du « soft-porn », l’homme est vécu avec jouissance tel un bourreau sexuel. La petite histoire dans la grande Histoire ambiance 50 nuances de grey.
« Sexe et violence ont toujours fait bon ménage » dit l’article.
On y apprend d’ailleurs que dans les années 60, en Israël, en plein procès Eichman, les jeunes israéliens achetaient sous le manteau des bandes dessinées nommées « Stalags » qui racontaient des soumissions sexuelles aux gardiens et gardiennes des camps de la mort, une façon inconsciente d’y retrouver une virilité juive.
La réalité est bien sûr beaucoup plus sordide, les jeunes filles se marient en express sur Skype, partent en Syrie où elles sont rapidement répudiées, puis placées dans des prison-pensionnats dont seul l’espoir d’un nouveau mariage pourra les délivrer.
Les plus belles réussissent à s’en sortir, pour les autres l’enfermement est définitif.
Sur un plan plus sociologique, il est intéressant aussi de noter que si les hommes sont des racailles converties des cités, les jeunes femmes sont très souvent issues des zones pavillonnaires des classes moyennes.
Un extrait de Djihad résume les choses ainsi : « Moi, c’est Aliya. Kidnappée par des djihadistes. J’ai appris à le détester, à le haïr mais je n’ai pas pu apprendre à ne plus l’aimer. Tiraillée par l’amour et la haine ».
Le syndrome de Stockholm est une chose, en rêver ou le provoquer en est une autre.

4. Enquête Meurtres en Amazonie - P.110
Grande comme dix fois la France, l’Amazonie n’est pas nommée « le poumon de l’humanité » pour rien. Cette forêt abrite dix pour cent de la faune et la flore de notre planète et est à cheval sur huit pays d’Amérique latine. Ce territoire colossal est incontrôlable et attire depuis les années 70 les investisseurs qui se permettent d’y jouer aux cow-boys et aux indiens, ça tombe bien il y en a,  comme dans un nouveau far West.
Quarante ans après, l’Amazonie a déjà perdu 17% de son territoire,  soit deux fois la France. Nombre de populations amérindiennes ont été déplacées. L’état brésilien n’a jamais été capable quelque soit le régime en place d’y faire régner l’ordre et la sécurité. Seules des organisations environnementales locales ou internationales tentent de protéger la nature et les habitants. Seulement voilà, ils sont assassinés en toute impunité les uns après les autres.
Le drame écologique est là, la forêt amazonienne est en passe dédevenir une loque. Le résultat des connivences entre les grandes multinationales et les pouvoirs politiques d’État sont la destruction de la biodiversité, l’altération de l’hydrologie, la forêt est le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre. La liste du désastre environnemental est longue et celle des assassinats aussi.

5. Il était une fois La mort en direct - P.134
C’est l’histoire tragique de Christine Chubbuck, célèbre pour s’être suicidée en direct d’une émission TV qu’elle présentait.  Evidemment les faits se déroulent aux Etats-Unis dans les années 70, en Floride précisément. Animatrice d’un talk show sur la chaine Channel 40, la jeune femme, bien que talentueuse, est dépressive. Sa vie est un désert social et sentimental, à 29 ans elle est toujours vierge. Si fragile que sa mère suite à son divorce décide d’emménager avec elle. Son travail la passionne, elle affectionne particulièrement les sujets sociaux et environnementaux. L’époque est au sensationnel, et son patron lui réclame des sujets plus spectaculaires, il veut « du sang et des tripes ». Il sape ses sujets les uns après les autres et la pression qu’il exerce sur elle est de plus en plus forte.
Son travail restant sa seule source d’épanouissement, la présentatrice souffre de cette vie qui ne lui apporte plus aucune satisfaction.
Un jour d’été 1974, Christine est en direct, elle annonce les nouvelles, puis dans un étrange sourire crispé :
« Conformément à l’engagement de Channel 40 de vous présenter les dernières nouvelles, du sang et des tripes… dans des couleurs saisissantes, nous vous en proposons une autre en exclusivité : une tentative de suicide ».
Sa main droite fait alors surgir un calibre .38 sous le bureau, en place le canon juste derrière son oreille et appuie sur la détente.
Lors de son enterrement, son frère Timothy joue « Killing me softly » de Roberta Flack.

+++ C’est qui Lui - P.62
Shulem Deen, écrivain New-Yorkais, repenti d’une communauté juive hassidique dans laquelle il est né, a grandi, s’est marié, a fait cinq enfants, puis, s’en est allé. Il a quitté ce monde où penser par soi-même est banni, où la vie est rythmée par des codes et des rites archaïques. Il est aujourd’hui libre, il écrit et aide les gens comme lui qui souhaiteraient se libérer de ce type de communauté.

+++ L’entrevue politique Nicolas Dupont-Aignan - P.66
Doit-on lire l’entretien politique de Nicolas Dupont-Aignan dans une campagne présidentielle aussi confuse. L’homme est sincère, convaincu, ses accents gaulliens sont crédibles, sa vision libérale et sociale semble pourtant surannée. Sa perception de l’Europe est dangereuse mais bien plus raisonnable que celles du Front de Gauche ou du Front National, elle a le mérite de rester démocratique.

+++ Le saviez-tu ? Les piliers de la fête - P-74
A l’occasion d’une exposition sur les boites de nuit à la villa Noailles à Hyères, l’article nous remémore tous les grands lieux de fêtes des années 70 et 80, du Palace parisien au Studio 54 New-Yorkais, sans oublier les « Macumba » ou autres « Mirages » des cités dortoirs.
On y trouve une juste citation de Houellebecq : « Le but de la fête est de nous faire oublier que nous sommes solitaires, misérables et promis à la mort. Autrement dit de nous transformer en animaux »
J’ajouterai à titre très personnel que de passer à côté de la fête, c’est à dire d’en être mais sans en ressentir les sensations est presque pire que de passer à côté d’un orgasme.

+++ Le saviez-tu ? Payez-vous une vieille - P.76
Pas une dame, une voiture ! Les « yougtimers » sont les automobiles populaires des années 70 ou 80, bref  celles dont on rêvait minot. Ce phénomène fait suite à l’explosion des voitures de collection sur lesquelles des fonds d’investissement financiers ont jetés leur dévolu depuis dix ans et par conséquent les ont rendu trop chères pour le collectionneur lambda. Le choix des petits collectionneurs s’oriente donc aujourd’hui vers les BME30 (82-93), golf GTI 2 (84-91) ou 205 GTI (84-94). La condition première est d’être un vrai passionné et de s’y connaître en mécanique. La culbute à la revente ne sera pas énorme, mais la surcote est assurée dans le temps.
C’est l’occasion de rouler gratis avec une voiture qui vous remue les tripes.
 

 

 

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