Lui novembre 2015 en cinq points et +++

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1. Edito - P.21
A croire qu’il a lu mes encouragements à être plus politique le mois dernier, Beigbeder l’est éminemment ce mois-ci. Son manifeste pour l’humanité est formidable.
Ce matin, je m’envole pour la Corse où je vais enterrer un ami très cher, un grand-père symbolique, Mathieu Milanini. Un homme bon et fort qui a vécu son existence de chasse et de cueillette (non, pas de pèche, les Corses ne sont définitivement pas marins). Un homme honnête et moral qui n’avait pas grand chose et partageait tout. Avec lui, un vrai monde s’en va.
Contraste saisissant, sur la route de l’aéroport, j'ai entendu une émission sur le transhumanisme, entreprise terrifiante et bien prosélyte, qui entend remplacer les hommes par des robots et bien plus encore.
En attendant d’embarquer, j’achète mon Lui, puis j’avale café/clope/édito.
Il y est justement question de cette humanité qui fout le camp, de notre devoir de tout réinventer pour la sauver.
Il est précisément nommé « manifeste » et pour vous en donner correctement la substance, il aurait suffit que je le recopie, je préfère vous inviter à le lire par vous-mêmes.
Récemment, je demandais des conseils à une amie pour faire décoller ma petite entreprise « Du côté de chez Joe », il n’était question que d’Instagram, Facebook, blogs en tous genre, partenariat marketing, etc.…
Ses paroles, et ce n’est en rien dirigé contre elle, sont restées dans un verre que je n’ai pas voulu boire. Je ne tiens pas tant à appartenir à ce monde qui tourne on ne sait trop comment, et tant pis pour la petite entreprise.
Non pas que je refuse la modernité, mais au détriment de notre liberté et de notre humanité, j’évoque ici le vrai lien, j’ose me questionner.
Frédéric, merci pour cet édito.
Mathieu, tu vas sacrément nous manquer.

2. Entretien politique Emmanuelle Cosse - P.56
Emmanuelle Cosse est bien gentiment conviée à s’exprimer dans Lui ce mois-ci.
Elle précise qu’elle accepte volontiers de le faire même si elle pense que « le magazine renvoie une image dégradante de la femme… les photos réduisent les femmes à leurs corps… »
Mais, très chère homonyme, si on t’y donne la parole, c’est bien la preuve que ce que tu dis est totalement idiot. J’ose être cavalière en ajoutant que ce n’est certainement pas pour ton physique de rêve qu’ils t’ont choisi.
Ses amabilités passées, lorsqu’elle parle d’écologie pure et du combat politique précisément lié à ce problème, elle est plutôt efficace et convaincante.
Malheureusement, et c’est l’éternel problème avec l’écologie française, dés qu’il s’agit de politique sociétale, de République, de géopolitique, on sent des intentions beaucoup moins sympathiques.
Mépris des institutions, des riches, des forts, des hommes, un système de pensée où seuls les faibles auraient toujours raison sans autre forme de distinction et de réflexion. 
Contestataire stérile et rétrograde.

3. Reportage Pour une poignée de dollars - P.100
Atlanta, Mecque bling bling où les industries du rap et du strip-tease sont roi et reine. Les hommes font du business en balançant des billets aux filles nues.
A quatre pattes, elles ramassent, en rêvant elles-mêmes de monter une petite entreprise afin d’avoir une vie meilleure.
Tu vois Emmanuelle Cosse, c’est bien le magazine Lui qui dénonce ici l’exploitation et l’image dégradante des femmes. Non ?

4. Enquête Le crash des héritiers de l’or noir P.120
Passage en revue des mœurs, us et coutumes de la jeunesse dorée des pays du golfe. Drogues, crimes, maltraitances et fric à gogo, jeunesse en déshérence, en manque de repère, finalement et banalement comme partout ailleurs.
Les ch’tis au pays d’Abdallah.

5. Il était une fois… Citizen Maxwell - P.128
Portrait du denier Nabab de la presse Britannique, Robert Maxwell, mort en mer dans des circonstances troubles en 1991.
Concernant le sang froid et la stratégie, nous sommes très loin des Steve Jobs et Bill gates. Comme en témoigne Roy Greensdale, alors éditeur du Daily Mirror :
« Il n’avait aucun contrôle de ses émotions. Il réagissait simplement par réflexe. Il n’y avait pas de plan directeur dans sa conquête du monde. Sa soif de pouvoir était une compulsion profonde qui fonctionnait comme une somme d’élans hasardeux et spontanés. »
Hybride de Madoff et Citizen Kane, Maxwell est né juif et pauvre dans un ghetto d’Europe centrale. Durant la seconde guerre mondiale, son entrée en résistance le sauve des camps où toute sa famille sera exterminée.
Il fait fortune dans les années soixante pour que l’on découvre trente ans plus tard et peu de temps avant sa mort que celle-ci repose sur un système de cavalerie ayant profité de la confiance des banques.
Entre temps il aura fait partie des plus grands de ce monde, ce qui aura permis notamment à un million de juifs russes de pouvoir émigrer en Israël dans les années 70.
Suicidé parce qu’au bord de la banqueroute ? Assassiné parce qu’ayant prêté mains fortes au Mossad dans des affaires peu reluisantes ? Crise cardiaque parce que vieux, fatigué et bientôt ruiné ?
A ce jour, le mystère n’est pas élucidé.

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C’est qui lui? - P.50
Michael Small, un américain qui fait fortune en faisant commerce d’un service qui ne fonctionne pas. Fallait y penser. Il détient le presque  monopole des connexions wifi dans les avions. Tout le monde râle car les possibilités de se connecter sont quasi nulles, mais tout le monde s’abonne malgré tout car il faut à tout prix être connecté.
Absurde.

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Le saviez-tu ? Heureux les imbéciles - P.62
Dans la même veine, panaché d’idiots devenus milliardaires grâce à des applications totalement débiles.
Rallumons la lumière !

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Le saviez-tu ? Quel est le CRA/Centre de rétention administrative/ le plus cool ? - P.64
Décidément très politique ce mois-ci.
Article très bien documenté donc informatif sur le sujet bien que le ton reste léger.

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Le saviez-tu ? Et pendant ce temps là - P.66
Pour la photo et le look de Christine Lagarde en rando au Machu Picchu.

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Le saviez-tu ? Et pendant ce temps là - P.66
Pour les fiches de conversations, informatives et pleines d’esprit.

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Vu par Lui James Bond girl Un job mortel - P.72
Un petit tour dans un James Bond et puis s’en va. La liste des actrices ayant incarné des James Bond Girls avant de disparaître immédiatement de l’histoire du cinéma est très longue.
L’article vaut pour « Ce que James lui a fait », je vous laisse apprécier les citations et les anecdotes.

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Le mondain anonyme - P.158
« Ce qu’il y a de meilleur chez Angot, c’est  la page blanche après le mot fin. »
Très méchant, mais tellement vrai !

Ceci n’est pas un résumé du magazine afin de vous éviter de le lire, au contraire. Addicte des « Lui » anciens que je collectionne depuis de nombreuses années, j’ai été très agréablement surprise par la qualité de la version moderne et de sa fidélité à l’esprit de la version ancienne. Mission plutôt difficile dans un contexte de crise quand on se souvient de l’insouciance des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. J’ai un plaisir fou à le lire, justement parce que j’y retrouve cette insouciance, sensation en voie de disparition. C’est donc un bonheur de le partager avec vous. A vos kiosques!

 

 

 

 

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