Lui novembre décembre 2016 en cinq points et +++

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Couverture du Lui de novembre parce que je la préfère, et commentaire du contenu de celui de décembre/janvier car il m'a semblé meilleur.

1. Edito Frédéric Beigbeder -P.21
Il ne sait pas trop à quoi ont servi les évènements de 2016, il affirme ne pas être pressé d’être en 2017, il conclut « Vous le savez : à Lui, nous aurions préféré que le temps s’arrête en 1972, juste avant le choc pétrolier ».
C’est simple, juste et efficace, sans ça pas de chômage, pas de logement à des prix insensés, sans ça les gens auraient continué d’avoir du travail et du pouvoir d’achat, du pouvoir  de vivre dignement.  Ce n’est pas l’explication de tous nos maux, mais d’une grande partie c’est certain.

2. Entretien Edouard Baer - P.22
L’entretien en lui-même n’est pas très riche, un entre soi parisien de plus.
Pourtant, la fin est magique. Nos deux comparses vont déambuler dans Paris de bar en bar. C’est totalement barré et loufoque. Beigbeder nous en rend compte avec son talent d’écrivain, ça sonne vrai, c’est drôle. Un vrai régal.

3. L’entrevue politique Yannick Jadot - P.72
Pour : Sa vision de la politique moderne. Sa façon d’insister sur le pouvoir des citoyens sur la politique locale, son idée d’inventer des communautés ouvertes sur les autres où le peuple aurait du pouvoir sur le cours des choses. Depuis que je vis dans un village, je sais tous les jours à quel point c’est possible.  Aussi, cette lucidité à dénoncer l’anachronisme de notre pouvoir national monarchique dans une société moderne.  Cette nostalgie des ors de la république versus une France multiculturelle vivant à l’ère du numérique. Déconnexion assurée.
Contre : Toujours le même problème avec les verts. Ils idéalisent la société française comme si la France n’avait pas connu le 7 janvier, le 9 janvier, le 13 novembre et le 14 juillet, ou alors étaient-ils sur la lune. La France a changé, oui.  De réels dangers croissent tous les jours, mais pour mieux tenir leur petite boutique électorale, fermons les yeux sur ce qu’il se passe à Sevran ou ailleurs. C’est non seulement déplorable mais révèle qu’eux aussi sont déconnectés.

4. Vie pratique Par ici la bonne soupe - P.94
Ou comment les populations carcérales se sont enrhumées avec la folie des émissions culinaires. On y apprend que de nos jours un prisonnier peut facilement prendre 10, 12kg en un an tant l’art de la gamelle s’est développé. Salah Abdelslam a d’ailleurs investi dans un réchaud. Une panne d’Harissa à la santé et c’est l’émeute.
Outre-atlantique, la littérature culinaire en prison arrive en tête des ventes en période de Noël. L‘article est rafraîchissant car il ose jeter un regard positif sur la vie en prison où quelques plaisirs peuvent subsister.
Le panier est assorti de fiches cuisine dont le « gloubi » de Thierry Marx qui anime des ateliers cuisine depuis quatre ans  à la prison centrale de Poissy.

5. Il était une fois La trafiquante - P.120
Al Capone servit de modèle au premier Scarface d’Howard Hawks, mais c’est une femme qui inspira le remake signé DePalma et Oliver, Griselda Blanco.
Et oui, Tony Montana était une femme…
Elle grandit dans les bidonvilles de Carthagène d’un père inconnu durant la Violencia, la guerre civile colombienne. Elle organise son premier rapt à l’âge d’onze ans en kidnappant un gamin des beaux quartiers. La rançon ne venant pas, elle abat l’enfant d’une balle dans la tête. Elle se prostitue dès l’âge de treize ans, rencontre son premier mari sur un des trottoirs qu’elle arpente et enchaîne trois grossesses .
Ils montent ensemble un trafic de faux papiers, son mari meurt dans des circonstances obscures, officiellement d’une cirrhose, en réalité d’un empoisonnement auquel Griselda ne serait pas étrangère.  Elle rencontre son deuxième mari  dans la foulée et avec lui se lance dans le trafic de cocaïne beaucoup plus lucratif. Elle inonde New York à l’aide de mules débarquées de Medellin. Elle fait fi des familles de la mafia New Yorkaise grâce à ses liens directs avec les fabricants colombiens. Une de ses mules se nomme Pablo Escobar, il devient rapidement son partenaire commercial, puis son amant et enfin son pire ennemi. Sous le coup d’une mise en examen, elle file à  Miami, en ayant pris soin d’abattre son mari au préalable.
Celle qu’on surnomme désormais « la veuve noir » s’en va transformer Miami « magic city » en « Miami vice » le temps d’un éclair. Efficace, elle élimine d’emblée tous ses ennemis, et manipule les autres en alternant séduction et terreur. Elle dispose de 1500 soldats qui dealent pour elle dans les rues de Miami. Sans aucun scrupule, elle tue ceux qui lui doivent de l’argent comme ceux à qui elle en doit. Elle devient rapidement milliardaire, s’offre le diamant rose d’Evita Peron ainsi qu’une sublime demeure à Biscayne Bay, son pistolet mitrailleur est incrusté d’or et d’émeraude. Elle baptise son berger allemand « Hitler » et son dernier fils « Michael Corleone ». Elle tue son troisième mari, le père de son dernier enfant, malheureusement celui-ci est le meilleur ami de Pablo Escobar qui va le venger en abattant ses trois plus grands fils et en tuant la majorité de ses dealers. Griselda, diminuée, s’enfuit en Californie où elle est arrêtée par la DEA en 1985. Elle est condamnée à soixante ans de prison. Un fan devient son quatrième mari, il dirige le réseau pendant que Griselda est incarcérée. Pour un vice de procédure elle sera libérée. Elle part en Colombie pour une retraite bien méritée.
Un jour à,la sortie d’une boucherie, deux motards la crible de balles.
Deux « biopic » sont actuellement en préparation, un film avec Catherine Zeta-Jones et une série avec Jennifer Lopez. On a hâte de voir çà !
A bien y réfléchir il me semble que Tony Montana était beaucoup plus cool que cette Griselda…

+++ Le saviez-tu? Le gôut des autres - P.90
Vincent Dedienne avoue qu’il lui faut un film vraiment long pour conclure avec une fille, il préconise Shoah de Claude Lanzmann. On ne peut pas rire de tout mais j’avoue à mon tour que cela m’a fait sourire.

+++ Le bilan de santé Charles Berling - P.138
Môssieur fume le cigare, s’hydrate avec la crème au caviar La Prairie, ne boit que de la bière artisanale et des vins rouges extraordinaires, trouve honteux de manger de la viande et du poisson, baise comme un lapin, déteste les femmes qui se plaignent qu’on se soit servi d’elles, s’est fait planter des cheveux, et le seul parfum qui le « sied » provient de la maison Creed., ben qu’il mette bien la dose parce que comme ça vite fait il est surtout puant.

+++ Le calendrier
Moins beau que celui de l'an dernier.

 

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