N'oublions pas le soldat Ryan

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En 1942, Staline propose à ses nouveaux alliés l'ouverture d'un front à l'Ouest. Roosevelt et Churchill s'y collent dès janvier 1943. L'opération « Overlord » est lancée. Elle mettra près de 18 mois à se concrétiser.

Au départ il s’agissait de débarquer sur les plages du Nord Pas-de-Calais plus accessibles. C'est là qu'Hitler attendait l'ennemi  L'opération des alliés « Fortitude » va brouiller les pistes. Normandie, pas Normandie, Nord Pas de Calais?  Le général Rommel, fin stratège se doutait de l’entourloupe. Hitler, sourd à Rommel n'a écouté que Van Rundstedt. Bingo ! Ce sera la Normandie ! Prévu début juin, mais reporté de jour en jour par des conditions météorologiques défavorables, Eishenhower et les alliés décident du coup d'envoi le 6 juin 1944 au petit matin.

Le 6 juin ce sont des soldats américains, britanniques, canadiens et le commando français du général Kieffer qui débarquent sur les plages normandes. Les forces alliées australiennes et européennes les rejoindront au fil des semaines pour la fameuse « Bataille de Normandie ».

Le « D-Day » est une montagne de chiffres : 5.000 bateaux dont 4.000 barges, 130 navires de guerres, 12.000 avions assurant leur soutien, 5.000 tonnes de bombes larguées sur les côtes normandes, 20.000 véhicules déployés et plus de 160.000 soldats s'élançant sur les plages.

Rien qu'à Omaha beach, 2500 soldats furent fauchés par les tirs allemands le matin du 6 juin. Si Darryl Zanuck a parfaitement retranscrit l'immense logistique déployée dans son film « le Jour le plus long ». Mais nul autre que Steven Spielberg pendant les 20 premières minutes de son film « Il faut sauver le soldat Ryan », n'a filmé la guerre de façon aussi majestueuse. Les soldats courant sur les plages sous les tirs incessants des allemands, la gueule explosée ou le ventre ouvert d'un copain qui tombe et surtout cette peur atroce qui s'amplifie de minute en minute.
Pas le choix, il fallait courir ou mourir ou courir et survivre.

Au cimetière Saint-James, désormais concession américaine, la politique et la guerre n'ont plus lieu d'être. Sur 14 hectares, s'étend une marée de tombes blanches. Et le silence à l'infini. Et la paix enfin, si l'on peut dire que la paix, c'est la fin de la peur.

Soyons d'accord pour une fois avec un chanteur français pourtant réputé politiquement incorrect, Michel Sardou chantait à juste titre "si les Ricains n'étaient pas venus, nous serions tous en Germanie, à saluer je ne sais quoi, à saluer je ne sais qui". Renaud, lui, bien que beaucoup plus politiquement correct, se permettait, lors d’un concert en 1977, de singer cette chanson de façon lamentable et pathétique. En même temps, depusi que l'on sait que son père et son grand-père ont été des collabos actifs , on comprend mieux...

Ces morts-là n'étaient ni de droite, ni de gauche. Ils étaient pour la plupart très jeunes, fils, pères, fiancés, chrétiens, juifs, noirs ou blancs.
Du fin fond du Kansas, peut-être ne savaient-ils pas situer la Normandie sur la carte du monde, mais ils sont nombreux ceux qui y sont venus pour y mourir.

Ces morts-là, ils sont morts pour nous sauver. Alors, juste, ne les oublions pas.

 

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